Version française disponible bientôt – nous vous remercions de votre patience.

Historique

ECAMT - De l’impossibilité à la réalité

Documentation de l’historique de ECAMTau Canada

Mars 2009

Andrew Crichton
Anciennement coordonnateur de l’enseignement coopératif
Université Memorial de Terre‑Neuve‑et‑Labrador

[TRADUCTION] « Voici l’histoire de l’Association canadienne de l’enseignement coopératif (ECAMT) / la Co-operative Education and Work-Integrated Learning (CEWIL) Canada. ECAMT a été créée le 26 septembre 1973 lorsque 29 représentants de 15 établissements d’enseignement postsecondaire de partout au Canada se sont réunis au Mohawk College à l’Université McMaster à Hamilton (Ontario), et ont officiellement adopté un acte constitutif et ont élu un conseil d’administration. Toutefois, pour bien comprendre le rôle de ECAMT et le contexte dans lequel elle a été créée, nous devons revenir quelques années en arrière, jusqu’à l’année 1957, qui est sans doute l’année la plus importante de l’historique de l’enseignement coopératif au Canada ».

 

ON DISAIT QUE CELA NE FONCTIONNERAIT PAS

(HISTORIQUE DE ECAMT)

(Certaines parties de l’article original paru dans la publication de la CEIA intitulée Journal of Co-operative Educationsont reproduites ici avec l’autorisation de la Cooperative Education & Internship Association Inc. [CEIA] des États‑Unis)

[TRADUCTION]

Prologue - Les premières années

Vers le milieu des années 1950, les inscriptions dans les établissements d’enseignement postsecondaire au Canada ont commencé à s’accroître rapidement. La révolution technologique était en plein essor. Les universités et les collèges de l’Amérique du Nord et du reste du monde s’efforçaient de rattraper les avancées scientifiques de la Russie, qui avait lancé le premier satellite en orbite.

La collectivité de Kitchener-Waterloo en Ontario, qui est située à 65 milles à l’ouest de Toronto, était une collectivité diversifiée axée sur la fabrication, les affaires et l’assurance. La ville de Waterloo comptait un petit collège luthérien d’arts libéraux qui était le seul établissement à offrir un enseignement postsecondaire à une vaste région en pleine expansion. Un certain nombre d’hommes d’affaires étaient d’avis que la création d’une université axée sur la technologie s’imposait. Plusieurs de ces hommes d’affaires avaient été mutés de sièges sociaux à des filiales dans cette région et connaissaient bien l’enseignement coopératif alors pratiqué aux États‑Unis. Ils jugeaient l’idée attrayante comme meilleur moyen de combler les besoins croissants de la collectivité, et en fait ceux de l’ensemble du pays, en matière de sciences et de technologie.

Ce groupe d’hommes d’affaires a fait enquête et a décidé de fonder un établissement doté d’un programme de génie s’inspirant du concept de l’enseignement coopératif. Après avoir pris cette décision, ils ont agi sans tarder et dès le mois de juillet 1957, 75 étudiants ont été accueillis dans un nouvel établissement offrant un programme d’enseignement coopératif, qui allait devenir plus tard l’Université de Waterloo.

Les fondateurs ont immédiatement reçu la visite de délégations provenant d’établissements des environs, qui venaient non pas pour les féliciter ni pour en apprendre davantage sur leurs démarches, mais plutôt pour critiquer leurs efforts. On a dit aux fondateurs que l’enseignement coopératif entacherait le programme universitaire; qu’il serait nécessaire de modifier radicalement le système d’année universitaire avec lequel on était à l’aise; et que l’économie ne soutiendrait pas un tel projet. Selon le message adopté uniformément par ces universitaires, « cela ne fonctionnerait pas ». Pendant ce temps, des employeurs ayant embauché des étudiants participant à des programmes d’enseignement coopératif considéraient que ces programmes étaient une réussite. Les étudiants étaient bien accueillis et se voyaient offrir des situations d’apprentissage pratiques et stimulantes au cours de leurs stages de travail. Les superviseurs de ces étudiants ont pris conscience du fait qu’ils avaient une occasion unique de contribuer au processus de formation de futurs chefs d’entreprise et dirigeants de l’industrie au Canada.

Croissance et expansion

Une preuve supplémentaire témoignant de la valeur de l’enseignement coopératif est ressortie lorsque d’autres établissements du Canada ont commencé à s’inspirer du programme en vigueur à Waterloo. Le premier de ces établissements à le faire a été l’Université de Sherbrooke au Québec, qui a lancé un programme de ce genre en 1964. Peu de temps après, des programmes d’enseignement coopératif ont été mis sur pied à l’Université Memorial à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, à l’Université de Regina en Saskatchewan, au Collège technique de la Nouvelle‑Écosse et les séquences des stages de travail de tous ces programmes étaient modelées sur celles établies à l’Université de Waterloo. Dès 1969 et 1970, le Collège Mohawk d’arts appliqués et de technologie ainsi que le Collège Fanshawe d’arts appliqués et de technologie situés en Ontario ont adopté cette formule pour leurs programmes de technologie. Avec l’ajout de l’enseignement coopératif à l’Université de Victoria en Colombie‑Britannique en 1976, le mouvement s’était étendu d’un océan à l’autre au Canada.

Le premier groupe d’employeurs ayant recruté des étudiants participant à l’enseignement coopératif était de façon générale dirigé par des personnes possédant de l’expérience relativement au programme d’enseignement en alternance offert en Grande-Bretagne ou à des programmes d’enseignement coopératif en vigueur aux États‑Unis. À mesure que les avantages de ce type d’enseignement ont été connus et que les employeurs qui y participaient alors le recommandaient, le nombre d’employeurs souhaitant y prendre part s’est accru.

Les étudiants participant à l’enseignement coopératif travaillent dans toutes les régions du pays; ils ne travaillent pas uniquement dans la région géographique où ils effectuent leurs études. Bien qu’il existe une certaine collaboration entre les praticiens de l’enseignement coopératif, chaque collège et université demeure responsable de l’établissement et de la surveillance des stages de ses propres étudiants.

L’un des principaux avantages pour les employeurs participant aux programmes d’enseignement coopératif au Canada tient au stage de travail d’une durée normalisée de quatre mois qui a été adopté dans presque toutes les situations. Cela permet aux employeurs de remplacer les étudiants provenant d’un établissement par ceux issus d’un autre établissement. Cela leur permet aussi de recourir à des modalités de formation communes permettant d’accueillir des étudiants issus de plus d’un établissement.

On constate que l’enseignement coopératif reçoit l’appui d’employeurs dans tous les secteurs de l’économie. Approximativement 75 % de tous les stages d’enseignement coopératif ont lieu dans le secteur privé et le reste se déroulent au sein des administrations fédérale, provinciales et municipales et des divers organismes gouvernementaux et sociaux. Il est estimé que moins de 50 organismes emploient plus de dix étudiants à la fois. Même si cette approche nécessite une beaucoup plus grande attention de la part des praticiens de l’enseignement coopératif, elle permet aux étudiants qui y participent d’avoir accès à un vaste bassin d’employeurs.

Association canadienne de l’enseignement coopératif (ECAMT)

Parallèlement aux événements qui se déroulaient aux États-Unis, un organisme professionnel a vu le jour plusieurs années après la mise en œuvre de l’enseignement coopératif au Canada. Le 26 septembre 1973, 29 représentants de 15 établissements se sont réunis au Mohawk College à l’Université McMaster à Hamilton (Ontario) pour créer l’Association canadienne de l'enseignement coopératif/la Canadian Association for Co-operative Education.

Cette association représente l’enseignement coopératif dispensé au niveau postsecondaire au Canada. Aucun employeur n’était présent lors de la réunion initiale, non pas parce qu’ils n’étaient pas valorisés mais parce que les professionnels de l’enseignement coopératif estimaient devoir coordonner leurs propres efforts avant de mobiliser les employeurs. En 1977, les membres de cet organisme encore jeune ont redéfini l’enseignement coopératif et ont remanié leur acte constitutif afin de créer le Conseil canadien de l’enseignement coopératif. Ce n’est qu’à partir de ce moment que les employeurs ont été encouragés activement à se joindre à l’Association, dont ils font maintenant partie intégrante à part égale.

McCallum, Bruce A. (Université de Guelph) et James C. Wilson (Université de Waterloo). « THEY SAID IT WOULDN'T WORK (A HISTORY OF COOPERATIVE EDUCATION IN CANADA », JOURNAL OF COOPERATIVE EDUCATION, volume XXIV, numéros 2-3, pages 61 à 67.