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Se préparer à l’apprentissage, se préparer à la vie

affiché le Mars 17, 2008

Alors que je préparais ce feuillet, j’ai passé en revue les excellents articles déjà publiés sur le site Web de l’ACDEC sur des sujets reliés aux stages, tels que les objectifs et les rapports de stage, les évaluations, les visites sur les lieux de travail, les rencontres de fin de stage et les apprentissages. Ces renseignements fort utiles contiennent des points de vue et des idées dont j’aurais aimé profiter lorsque j’ai commencé dans l’univers de l’enseignement coopératif. C'est pourquoi je me suis demandé ce que je pourrais ajouter qui pourrait être utile aux autres.

J’ai souvent l’impression d’être prise par les détails de mon travail : trouver des employeurs extraordinaires, m’assurer que les étudiants ont tout le soutien nécessaire, lire les rapports de stage et donner des commentaires constructifs, coordonner ou effectuer des visites sur le terrain, préparer des stratégies d’évaluation, donner tout ce que j’ai sans arrêt. Puis, il y a les réunions… du département ou du service coop, des réunions en lien avec la préparation, l’évaluation ou le côté pédagogique des stages. Et il ne faut pas oublier le temps passé à tenter de motiver les étudiants, à les garder sur le sentier de l'apprentissage. Certains y parviennent facilement, mais il y en a d'autres qui semblent avoir atteint un plateau ou qui ont de la difficulté à poursuivre. Quelle somme de travail! Alors, pourquoi est-ce que je fais tout cela?

Je réalise qu’au cours des six dernières années, j’ai appris beaucoup de choses sur moi et sur le processus d’apprentissage. Des choses que j'espérais apprendre et d’autres qui ont été des surprises – un peu comme le parcours des étudiants avec qui je travaille. Cependant, je n’ai pas été aussi active dans mes propres apprentissages que j’en demande aux étudiants. Je n’ai pas écrit les objectifs que je poursuivais ni inclus les dates limites et les techniques d’évaluation, je n’ai pas partagé ces objectifs avec mon superviseur ni demandé son avis ou ses conseils, je n’ai pas « vérifié » régulièrement si j'étais dans la bonne direction pour atteindre mes objectifs et je n'ai pas non plus participé à une réunion pour faire le point sur mes réussites et mes objectifs. Pourtant, j’ai appris. Qu’est-ce que j’ai appris qui pourrait être utile aux autres? Quelle contribution puis-je apporter pour améliorer l'enseignement coopératif?

  • Mon collègue immédiat de travail m’a appris qu’au moins un bon éclat de rire par jour (généralement à propos de quelque chose que nous avons fait ou que nous avons oublié) nous aide à garder notre sens de l’humour et à réduire notre ego. Nous avons une façon de travailler qui fonctionne bien pour nous; il se peut qu’elle ne fonctionne pas pour les autres (y compris les étudiants).
  • Mes collègues de l’enseignement coopératif m’ont appris qu’il est fort utile de se parler et que cela ne nuit jamais de partager ouvertement, franchement et régulièrement. Chacun détient une mine de renseignements qui peuvent aider à améliorer le système et aider les étudiants à atteindre les objectifs que nous leur demandons d’atteindre. J’ai appris que leurs étudiants sont aussi merveilleux que les miens et que les défis qu’ils ont à relever sont différents et similaires à la fois.
  • Mes amis d’université m’ont appris que cela prend parfois beaucoup de temps à arriver là où on voudrait être. Que la patience et la vision sont des qualités à apprécier et à cultiver. Que prendre le temps d’écrire ses objectifs peut mener à des résultats bien surprenants.
  • Mon superviseur m’a appris que même lors de périodes de grand stress, on reçoit des cadeaux empreints de gentillesse, de détermination et de collaboration. Que le stress est quelque chose qu’on prend nous-mêmes sur nos épaules et que la seule chose qu’on peut vraiment espérer est de ne pas perdre de vue notre principal objectif : le succès des étudiants.
  • Les étudiants m'ont appris que la naïveté n’est pas un signe d'inexpérience, mais plutôt d'émerveillement. Que ce sont mes actions et mes réactions face à la naïveté qui peuvent aider ou nuire à leur cheminement.
  • Mon groupe de golf m’a appris qu’il faut s’entraîner, qu’un seul bon coup peut nous rendre heureux et que c’est vraiment excitant de jouer une bonne partie. Qu’au golf, tout comme dans les études, nous ne pouvons compter que sur l’expérience et les connaissances que nous possédons et qu’il est possible que le prochain coup soit réussi ou qu’il soit raté. Qu'il faut apprendre de nos erreurs, célébrer les bons moments et se concentrer que le prochain trou.
  • Mon chien m’a appris que marcher tous les jours, quel que soit l'heure ou le temps, est une bonne chose. Cela développe la patience, nous permet de respirer l'air frais et de profiter du voisinage. Lorsqu’on travaille dans le monde coopératif, une bonne marche nous aide à prendre patience, à détendre l’atmosphère et à prendre conscience des bonnes choses dans notre travail.
  • Mes amis m’ont appris que boire une bonne tasse de thé au bord du lac en écoutant le cri des huards nous donne le temps d’apprécier tout ce que nous pouvons nous offrir mutuellement. Au travail, offrir une tasse de thé ou demander et recevoir de l'aide peut nous aider à apprendre.
  • Ma famille m’a appris à vivre au moment présent, qu’importe la personne avec qui nous sommes. Que le moment présent est un cadeau à être expérimenté car il nous offre beaucoup. Qu’en étant « présent » plutôt qu’en nous imaginant ailleurs, nous faisons une différence auprès de nos étudiants, de nos collègues ou de nos employeurs. Nous apprenons, nous vivons.

En ce qui concerne les étudiants, j'ai aussi appris :

  • que certains sont « prêts » et d’autres ne le sont pas. Que chacun a besoin de soutien à sa mesure.
  • qu'ils sont responsables de leurs actions et de leur inaction. Donc, si vous avez fait vos devoirs, ils peuvent prendre leurs propres responsabilités.
  • qu’apprendre a des hauts et des bas; même si les « hauts » sont beaucoup plus sympathiques, ce sont les « bas » qui nous donnent les meilleures leçons.
  • que les cadeaux que nous partageons avec les étudiants et mutuellement – notre temps, nos idées, notre expérience, notre sympathie - sont des cadeaux pour lesquels nous ne recevrons probablement jamais de remerciements. C’est le genre de cadeaux qui prend parfois une vie entière à nous revenir.
  • qu’il faut trouver la joie chaque jour dans notre travail. Que nous avons la chance de pouvoir faire une différence.
  • qu’en aidant un étudiant à apprendre, on aide un étudiant à vivre.