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Les pratiques de l’éducation des adultes : la réflexion

affiché le Mars 15, 2005

Dans la course vers la mi-session, les examens de fin de session et les échéances, il semble rester peu de temps aux étudiants en régime coopératif pour faire le point sur leur expérience. En ne prenant pas ce temps de réflexion, il est peu probable que les étudiants feront le transfert de la théorie en milieu de travail et de la pratique en milieu scolaire. En fait, ils peuvent éprouver de la difficulté à évaluer les innombrables événements du monde coopératif. En prenant le temps de faire une pause réflexion, ils seront peut-être mieux équipés pour donner un sens à cette expérience, l’intégrer graduellement dans leur développement professionnel et ainsi optimiser leur participation au programme d’enseignement coopératif.

Autrement dit, la réflexion est un processus au cours duquel les étudiants prennent le temps de penser à leur expérience et à leurs gestes. C’est une activité qui demande du soin, de la considération et de l’attention. Et, élément important, la réflexion demande qu’on lui consacre du temps.

La réflexion peut être incluse dans le cursus de l’enseignement coopératif, dans certains cas sans efforts, et avec un apport minimal de la part du personnel enseignant. Il existe deux méthodes qui ont fait leurs preuves : la tenue d’un journal et le processus « Cesser-Commencer-Continuer ».

Tenir un journal

Tenir un journal est une pratique simple où la personne écrit ses réflexions personnelles. Dans le cadre de l’enseignement coopératif, cette activité augmente les occasions qu’ont les étudiants de donner un sens à leur expérience.

Les étapes de la tenue d’un journal

L’enseignant présente une activité : par exemple, la rédaction du curriculum vitæ ou les techniques d’entrevue. Une fois l’activité terminée, l’enseignant demande aux étudiants de prendre deux ou trois minutes pour rédiger quelques mots dans leur journal. Afin de guider les étudiants dans l’écriture du journal, l’enseignant pose une question qui fait le lien entre l’activité et d’autres domaines de leur expérience coopérative.

Exemples de questions :
Quelle est l’importance de cette activité dans le développement de votre vie professionnelle? Quels éléments pourriez-vous ramener dans la classe ou au travail? Quels éléments ont provoqué une remise en question de vos idées ou de vos perspectives?

Conseils

Bien que la tenue d’un journal puisse se faire après toute activité pratique, elle prend sa pleine valeur après une discussion qui a entraîné l’expression de points de vue différents ou qui a amené les étudiants à remettre leurs idées en question. Afin de contrer la gêne des étudiants face à la tenue d’un journal, donnez-leur l’assurance que le contenu en restera privé.

Cesser-Commencer-Continuer

Cesser-Commencer-Continuer est un processus par lequel une personne révise systématiquement les comportements qu’elle voudrait soit cesser d’utiliser, commencer ou continuer à utiliser. La valeur de cette activité tient au fait qu’elle aborde des défis bien précis, qu’elle souligne les points à développer et valide les succès. Cette activité prend une quinzaine de minutes, du temps bien utilisé étant donné l’impact indéniable de cette activité sur le développement professionnel des étudiants.

Les étapes du processus Cesser-Commencer-Continuer

L’enseignant donne aux étudiants une liste sur laquelle sont inscrites une trentaine d’attitudes positives. Cette liste ne devrait pas être restrictive, mais plutôt inclure des qualificatifs aussi variés que « spontané, organisé, chaleureux et compétent ». Chacun des étudiants lit la liste individuellement et encercle les attitudes qui le décrivent le mieux. L’enseignant guide les étudiants à l’aide de questions pertinentes.

Exemples de questions :
À quel moment donnez-vous le meilleur de vous-même, êtes-vous le plus fier de vous? Quels sont les comportements, positifs ou négatifs, observés par votre coordonnateur de stage? Identifiez vos comportements qui sont à la fois des forces et des faiblesses, selon le contexte. Par exemple, à quel moment vos habiletés de gestion ont-elles été perçues comme étant de l’inflexibilité? Regardez les mots que vous n’avez pas encerclés. Est-ce que ces secteurs pourraient être développés?

Lorsque les étudiants ont complété la sélection des comportements qui les décrivent le mieux et qu’ils ont pris un moment pour considérer les secteurs à développer, l’enseignant pose les trois questions suivantes : « Lequel de ces comportements aimeriez vous cesser d’utiliser? Lequel aimeriez-vous commencer à utiliser? Lequel aimeriez-vous continuer à utiliser? » Les étudiants répondent individuellement à ces trois questions. Pour compléter cette activité, l’enseignant demande aux étudiants : « Quelles seront les étapes qui vous aideront à transformer ces intentions en gestes concrets? Par exemple : pourriez-vous implanter ces changements immédiatement? Pourriez-vous les incorporer dans vos objectifs lors de votre prochain stage coopératif? » Toujours individuellement, les étudiants rédigent leur plan d’action.

Conseils

Afin de mieux personnaliser cette liste de comportements, encouragez les étudiants à y ajouter leurs propres mots. Encouragez les étudiants à réfléchir sur leur dernier stage coopératif et, s’il y a lieu, sur leurs objectifs de stage. Même s’il est nécessaire de considérer à la fois les comportements positifs et négatifs, il faut être prudent. Le but de cette activité n’est pas de créer des sentiments négatifs mais d’aider les étudiants à renforcer leur personnalité. Il faut être très attentif au moment de discuter de comportements négatifs. À cause de la nature personnelle de ce travail, l’enseignant ne devrait pas demander des exemples à voix haute dans la classe. Il devrait plutôt consacrer du temps à chacun pendant l’activité.

Prendre un temps de réflexion donne aux étudiants l’occasion de considérer attentivement les connaissances acquises et de les utiliser en classe et à l’extérieur. De même, ce temps de réflexion donne aux étudiants l’occasion d’évaluer l’impact de cette expérience. Ainsi, la réflexion leur permet de réaliser le plein potentiel de leur expérience coopérative.

Jeela Jones a incorporé ces deux techniques dans le cursus de l’enseignement coopératif à l’Université d’Ottawa. Pour plus de renseignements sur ces sujets ou sur d’autres principes d’enseignement coopératif, n’hésitez pas à la joindre par courriel à ou par téléphone au (613) 562-5800, poste 6884.